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Désir d'enfant

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Les grossesses sont de plus en plus tardives

Les Françaises deviennent enceintes de plus en plus tard et cette situation inquiète le Haut Conseil de la population et de la famille qui a pour mission de formuler des avis et d’étudier toutes les questions susceptibles d’avoir une incidence démographique, économique, sociale ou culturelle sur la population et la famille en France.

Cet organisme presse les autorités d’informer les femmes sur les risques qu’elles courent et qu’elles font courir à leurs enfants en tombant enceintes tardivement. « L’âge moyen des femmes à la naissance de leur enfant s’établit à 29,6 ans en 2004 contre 28,8 ans en 1994 et 26,7 ans en 1974. Elles diffèrent très fortement leur première grossesse, qui intervient aujourd’hui à près de 28 ans au lieu de 24 ans en 1974 », écrit le Pr Israël Nisand.

A 30 ans, près d’un tiers des Françaises n’étaient toujours pas mères contre 16 % de la génération de 1942. L’âge moyen élevé de la maternité est observé dans la plupart des pays d’Europe et d’Amérique du Nord, et surtout en milieu urbain. Au Québec, il est de 27,8 ans comparativement à 25 ans en 1975.

Or les risques sont réels, pour la mère et pour l’enfant, affirme le HCFP. « Les chances d’être enceinte sous un an évoluent de 75 % à 30 ans à 66 % à 35 ans, pour n’être plus que de 44 % à 40 ans ; sous quatre ans, elles sont respectivement de 91 et 64 %. »

Probabilités de ne pas mener à terme la grossesse

20 ans 12 %
30 à 34 ans 16 %
35 à 39 ans 20 %
40 à 44 ans 34 %
45 à 49 ans 53 %

À cet égard, le Haut Conseil précise que les techniques de procréation médicalement assistée « ne peuvent résoudre tous les problèmes de fertilité » et c’est pourquoi elles ne sont plus proposées après 43 ans. En outre, l’élévation de l’âge de la future mère « entraîne davantage de grossesses multiples, mais surtout un certain nombre de pathologies comme les toxémies, les diabètes ou l’hypertension artérielle (qui) peuvent provoquer, lors d’une première grossesse, des retards de croissance du fœtus ».

L’augmentation du nombre de césariennes est également importante : « Cinquante pour cent entre 40 et 44 ans et 80% au-delà. » La mortalité maternelle ne régresse plus depuis 1995 avec 75 décès annuels, surtout à cause de l’âge avancé de la mère : « Le risque de mourir en couches entre 35 et 39 ans est trois fois plus élevé qu’entre 20 et 34 ans. »

Les risques pour l’enfant à naître sont également chiffrés. « Le taux de prématurité est de 5,7 % avant 35 ans contre 8,2 % après cet âge. » Dans le même temps, la mortalité infantile, qui est en 1998 de 0,9 % pour une naissance unique, s’élève à 4,3 % pour des jumeaux et à 12,7 % pour des triplés.


Source : Le Quotidien du Médecin, mai 2005



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