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Rester femme

Conciliation travail-famille

Vouloir retravailler

Se définir par notre statut de travailleur : état des lieux
Si le rôle de maman est essentiel, il reste - malheureusement - très peu valorisé au sein de la société. Sans identité sociale, souvent personne « à charge » dans la famille et pas reconnues à leur juste valeur auprès des autres femmes et de leurs pairs, les mamans qui décident de se consacrer à leur famille ne se mirent pas dans une mare de reconnaissance. « Les succès d’une femme au foyer sont plus modestes et passent inaperçus. Vous traquez la poussière, vous remplissez le réfrigérateur, vous faites le trajet de l’école quatre fois par jour, vous surveillez les devoirs, vous gérez les achats… vous êtes hyperactive dans votre foyer, mais… vous n’avez pas d’identité sociale. Et que restera-t-il de tout cela dans vingt ans? Pas de salaire, pas de retraite, pas de statut. (…) Les femmes au foyer n’ont pas bonne presse, comme si elles n’avaient rien à dire. Les hommes ont presque toujours existé à travers leur métier, qui les définissait et les classait socialement. Depuis la moitié du XXe siècle, et surtout depuis les années 1980, les femmes elles aussi sont soumises à ce « classement ». La femme qui travaille est un modèle de référence en ce début du XXIe siècle. », écrit Florence Le Bras dans le livre Je veux retravailler.

Pourtant, les mamans à la maison ne se tournent pas les pouces. Elles accomplissent et s'investissent énormément. Néanmoins, il reste que trop souvent, elles sont jugées et mal comprises par leur milieu et même leurs proches. Il y existe entre les mamans qui travaillent et les mamans qui décident, par choix, de rester à la maison beaucoup d'incompréhension. Chacune se regarde, se juge et compétitionne. Pourtant, chacune a le droit de faire ce qu'elle veut. Pourquoi tant d'incompréhension? Les femmes doivent-elles constamment justifier leur choix? Un dossier à suivre...

« Ayant eu ma fille tard, mon identité de maman est devenue la plus importante pour moi et aussi celle qui me définit le mieux. Toutefois, socialement, je crois encore que la reconnaissance dépend des environnements de travail. Il y a des milieux où avoir des enfants est très valorisé et d’autres où c’est quasiment considéré comme une « hérésie ». Mais, en général, je dirais que la société valorise davantage la travailleuse que la mère. Combien d’entre nous, quand elles sont présentées à un étranger pour la première fois disent « Bonjour, je suis la maman de… »? Sauf à la garderie, bien sûr! », explique Marie-Josée, maman de Laurence.

Nadine Descheneaux - révision septembre 2008



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