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Les enfants obèses vivront moins longtemps que leurs parents

Une inquiétante épidémie d'obésité infantile est en train de créer une génération de Canadiens qui vivront moins longtemps que leurs parents, d'après un rapport détaillant le nombre impressionnant de jeunes affichant un surpoids.

Quelque 26 % des Canadiens âgés de deux à 17 ans sont obèses, a indiqué mardi le comité des Communes sur la santé. Chez les autochtones du même âge vivant dans les réserves, ce taux s'élève à 55 %, tandis qu'il est de 41 % chez les autochtones vivant hors des réserves. « Nous tuons nos enfants avec notre gentillesse », a soutenu le député conservateur Rob Merrifield, président du comité, qui a produit son rapport après neuf mois de consultations. « L'obésité juvénile a atteint des proportions "épidémiques" au Canada », fait valoir le document. À ce chapitre, le pays se classe d'ailleurs au cinquième rang des 34 pays de l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE).

Le gouvernement devrait bannir les « gras trans » et lancer immédiatement une campagne de santé publique pour sensibiliser la population à la crise imminente que pourrait représenter cette épidémie pour le secteur des soins de santé.

L'obésité est responsable d'une série de maladies chroniques et peut accélérer la mort chez les individus qui en souffrent, note le comité. Ces maladies sont sérieuses pour les adultes, mais elles peuvent l'être encore plus pour les enfants, qui risquent de les développer à un âge inhabituellement bas, prévient-on. Parmi ces maladies se trouvent le diabète de type 2, les crises cardiaques, des problèmes d'articulation et des troubles mentaux. « Le comité a été stupéfait d'apprendre à quel point le surpoids et l'obésité chez les enfants et les adolescents du Canada ont augmenté au cours des trois dernières décennies », indique le rapport, intitulé « Des enfants en santé : une question de poids ».

Quinze pour cent des enfants souffraient d'obésité ou de surpoids en 1978. Cette proportion a gonflé à 26 pour cent en 2004, principalement à cause des mauvaises diètes et du manque d'exercice physique engendré par la télévision et les jeux vidéo. Les enfants mangent souvent de trop grosses portions, davantage de gras et de nourriture transformée, et boivent trop de boissons sucrées, indique le comité. «Le lien entre l'obésité et la consommation accrue de boissons sucrées est particulièrement troublant, note le rapport. On estime que les boissons sucrées pourraient être responsables d'une prise de poids représentant jusqu'à une livre par mois chez les adolescents

Le comité a fait valoir la corrélation entre la publicité des aliments et des boissons et l'obésité juvénile, surtout la publicité d'aliments et de boissons hypercaloriques de faible valeur nutritive qui s'adresse aux enfants. Il n'a cependant pas recommandé de bannir cette forme de publicité, demandant plutôt une révision du code d'autoréglementation de l'industrie. Le Québec est la seule province où il est interdit de cibler les enfants dans la publicité.

Source : Presse Canadienne, 28 mars 2007



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