Plan du sitePublicité

Nos spécialistes

Sébastien Develey

Assurance-vie pour les enfants

En tant que parent, on est porté à vouloir protéger notre enfant en se procurant une assurance-vie dès son plus jeune âge… Est-ce vraiment nécessaire? Tout d’abord, rappelons-nous à quoi sert une police d’assurance-vie. Normalement, le but est de couvrir un manque à gagner au niveau du revenu familial ou de générer un montant de liquidités important dans un but bien précis tel que des impôts à payer au décès, un legs particulier, etc.

Déterminer ses besoins

Rien de cela ne correspond avec le décès d’un enfant. À part les frais funéraires, il n’y a pratiquement aucun autre impact financier. Donc, de ce point de vue, il faudrait prendre une police qui couvrira seulement les frais au décès (moyenne 10 000 $). Tout cela est bien froid et pragmatique! N’y a-t-il pas d’autres facteurs à prendre en compte? Bien sûr, mais ils sont propres à chaque individu. Certains me disent qu’ils ne voient pas comment ils pourraient retourner travailler à court terme. Si c’est le cas, de quoi vivront-ils? Dans ma pratique professionnelle, j’ai des enfants assurés entre 5 000 $ et 500 000 $! Ces parents sont-ils fous? Certains d’entre vous me répondraient qu’ils le sont sûrement. Qu’ils veulent faire de l’argent avec le décès éventuel de leur enfant!

Voici les 3 cas typiques de montant d’assurance-vie pour les enfants :

  1. 10 000 $ pour couvrir les frais funéraires, ni plus, ni moins
  2. 20 000 $ pour couvrir les frais + léger supplément pour se donner le temps de vivre le deuil.
  3. 100 000 $ & plus pour couvrir les frais + vivre le deuil + achat d’assurance pour le futur
  4. Dans le 3e cas, la motivation première des gens est l’achat d’un bon montant d’assurance pendant que leur enfant est jeune (prime basse et facilement assurable) pour que leur enfant possède déjà une bonne police quand il sera à l’âge adulte. Ce sont souvent des parents qui sont eux-mêmes difficiles à assurer ou qui connaissent dans leur entourage des gens qui sont non assurables. Aucune des 3 options n’est meilleure qu’une autre en soit, car nous avons déterminé que financièrement, seuls les frais funéraires devraient être couverts.

    N'oubliez pas vos autres polices d'assurance

    Cela dépend de votre façon de voir les choses. Si vous êtes plutôt pour les options 1 et 2, n’oubliez pas que si vous avez une assurance collective familiale, vos enfants sont habituellement couverts entre 2 500 $ et 5 000 $. Ça peut aller jusqu’à 10 000 $ dans certains cas. Il peut être justifié de rajouter un avenant jeunesse si vous possédez déjà des contrats individuels d’assurance-vie (couvre jusqu’à 6 enfants pour la même prime). Vous pouvez choisir habituellement une protection variant de 5 000 $ à 25 000 $ et la couverture prend souvent fin à 25 ans d’âge de vos enfants. Cela fait donc la « job » pour les options 1 et 2. Petite note, ces avenants sont conçus sur la base de 2 enfants dans la famille. C’est-à-dire que si vous avez un seul enfant et ne prévoyez pas en avoir d’autres, cet avenant vous reviendra plus cher qu’une police individuelle. À 2 enfants, c’est pratiquement la même prime que 2 polices individuelles et à 3 et plus, c’est beaucoup moins cher. Les avenants jeunesse se ressemblent, mais varient légèrement d’un assureur à l’autre. Consultez un conseiller en sécurité financière qui représente plusieurs assureurs (appelés auparavant courtier), ainsi il pourra vous trouver la meilleure protection.

    Qui est protégé?

    Maintenant que vous allez prendre une police d’assurance-vie pour votre enfant selon vos convictions, pouvons-nous dire qu’il est bien protégé? ABSOLUMENT PAS! Qui est protégé? Lui ou vous? Qui est le bénéficiaire de sa police? Lui ou vous?

    Félicitations! Vous venez de réaliser que vous vous êtes protégé en pensant que c’était votre enfant que vous vouliez sécuriser. Ne vous tapez pas sur la tête, la grande majorité des parents pensent comme cela (je m’assure, je me protège!) alors que cela doit être l’inverse. Si vous voulez protéger votre conjoint advenant votre décès, allez-vous prendre une police sur sa tête? Vous allez en prendre une sur la vôtre!

    Revenons donc à vouloir protéger notre enfant. Vous devez donc vérifier que vous, les parents, êtes bien assurés en fonction de vos revenus. Si l’un de vous venait à décéder, le conjoint survivant pourrait-il subvenir au besoin de la famille pour maintenir le même niveau de vie? La norme reconnue est de cibler environ 70 % du revenu familial en cas de décès hors de toutes dettes. C’est-à-dire que le conjoint survivant n’a plus de dettes (hypothèque, prêts, marge, etc.). Faisons un exemple. Monsieur X a un revenu de 55 000 $ et Madame Y a un revenu de 35 000 $. Leur revenu familial est donc de 90 000 $ brut annuel. (Revenu moyen familial 2005 biparental 89 500 $ selon Statistiques Canada). 2 enfants, disons de 3 et 5 ans.

    Nous avons besoin de 70 % de 90 000 $ en cas de décès, soit 63 000 $. Prenons le cas du décès de Monsieur.

    • Revenu dont Madame a besoin pour maintenir niveau de vie : 63 000 $
    • Moins : (Revenus déjà existants ou nouveaux revenus)
    • Salaire actuel de Madame 35 000 $
    • Rente du conjoint survivant RRQ (700,80 $/mois/max) 8 409 $
    • Rente d’orphelin (64,99 $/mois/enfant) 1 560 $
    • Total des revenus : 47 969 $
    • Manque à gagner annuel : 15 031 $
    • Capital nécessaire pour combler le revenu à 6 % : 250 516 $ (vous prenez le manque à gagner annuel et vous le divisez par un taux d’intérêt arbitraire, généralement entre 5 % et 7 %)

    Voici donc le montant d’assurance que votre conjoint devrait avoir le temps que les enfants sont à la maison soit jusqu’à 20-25 ans.

    Par contre, il faut retirer de ce montant les assurances existantes. Disons que dans notre exemple, Monsieur avait une protection avec son employeur d’une fois son salaire, soit 55 000 $ et une protection personnelle de 50 000 $ acheté il y a longtemps.
    Vous faites donc 250 516 $ - 55 000 $ - 50 000 $ = 145 516 $. Ceci représente donc le manque en assurance que Monsieur devrait combler.

    Ce calcul est approximatif et ne tient pas compte de plusieurs variables telles que la durée de la protection souhaitée, nouvelles dépenses engendrées par le décès, basé sur le revenu net, etc. Consultez votre conseiller qui saura établir de façon plus précise vos besoins selon votre situation et qui pourra vous proposer quelques options de produits d’assurance.

    Si vous ne voulez pas faire de calcul, il y a la règle du pouce qui veut que le capital d’assurance dont on a besoin soit d’environ 5 à 6 fois notre salaire annuel. Faites le calcul pour vous et si vous êtes très loin de ce chiffre en assurance, il serait bon de consulter un professionnel afin d’évaluer votre situation.

    Bonne réflexion!

    Sebastien Develey, Conseiller en sécurité financière
    Tél. 514-940-6546
    sfbn.sdeveley@videotron.ca

    Je pratique dans le domaine financier depuis 1996 pour le Cabinet d’Assurance Banque Nationale. Diplômé de l’Institut Québécois de la Planification Financière depuis 2004, j’essaie toujours de donner des conseils simples et pratiques pour la famille. Papa d’une fille de 3 ans ½ et d’un petit garçon de 6 mois, c’est donc un plaisir pour moi de collaborer à Mamanpourlavie.com.

    Ce sera avec joie que je répondrai à vos questions concernant vos finances personnelles, telles que pour l’hypothèque, les assurances personnelles, les placements, REER, Régime d’études, etc.

    Novembre 2007



Pour commenter